mardi 1 octobre 2013

Oltramare, alias Soral, alias Dieudonné



Connaissez-vous Georges Oltramare ?

Né à Genève en 1896, Georges Oltramare a créé en Suisse un mouvement politique calqué sur le nazisme et le fascisme italien, l’Union Nationale (1932).

En 1922 il devient rédacteur du Journal Officiel. Mais, ayant publié sous le manteau un très vif pamphlet contre la Société des Nations, il perd sa place. Le journal La Suisse le licencie en raison de la virulence de ses articles antisémites. En réaction, il lance en 1923 son propre journal satirique, Le Pilori, qui atteindra les 20 000 exemplaires et dans lequel il s'en prend aux juifs, aux politiciens et aux « affairistes ». Un tremplin pour lancer son parti fasciste (soutenu par Mussolini).

Ce charmant personnage est aussi un homme de scène. Il fait partie de la première troupe de théâtre de Georges Pitoëff installé à Genève en 1915. Il apparait en 1929 sous le nom de scène d'André Soral dans trois films dont deux d'un proche, le réalisateur Jean Choux, qui réalisera sous l'occupation des films d'inspiration vichyste.

En juin 1940, Oltramare accompagne Otto Abetz à Paris, est rémunéré par l'Ambassade d'Allemagne, et fait des causeries à Radio-Paris, particulièrement sur des thémes antisémites, sous le pseudonyme de Dieudonné.

Après la Libération, il regagne la Suisse où il est arrêté le 21 avril 1945. Condamné à mort en France il s'exile en Egypte en sortant des geôles hélvétiques, en 1952. Il meurt en 1960.

Un homme de scène se faisant appeler Dieudonné, un polémiste ayant Soral comme pseudonyme… et un fasciste antisémite notoire et propagandiste.

Pas de doute, il mérite une "quenelle d'or".

Sources : Le Temps - Wikipedia - Genève non conforme

samedi 28 septembre 2013

Communiqué de la voix des Rroms

 


Valls: démission et formation civique

M. Manuel Carlos Valls a grandement besoin d’une formation civique comme celle à laquelle
est soumise la délivrance d’un titre de séjour pour les personnes étrangères. En effet, bien que Français depuis 1982, M. Valls ne semble pas encore avoir assimilé correctement les
principes et les valeurs fondamentales de la République dont il est ministre de l’Intérieur. Il en a largement fait la preuve en soutenant encore aujourd’hui que les Rroms «ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation» avec les
populations locales.

La voix des Rroms tient à rappeler qu’environ 97% des Rroms vivant en France sont citoyens français et que, par conséquent, en tant que Rroms, ils n’ont pas « vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie.», comme le prétend M. Valls avec un populisme dégoûtant pour tout citoyen. Concernant les Rroms roumains ou bulgares, ces derniers n’ont pas à être désignés distinctement et traités différemment de leurs concitoyens non-rroms.
La situation de quelques 15.000 Rroms de citoyenneté roumaine ou bulgare qui survivent
dans des bidonvilles n’est pas un « problème rom », comme se plaisent à la dire les autorités.

Elle est la conséquence logique d’une politique xénophobe et populiste initiée par l’ancien
ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et poursuivie jusqu’aujourd’hui. Cette exclusion,
partie intégrante de la crise du logement, qui touche presque 4 millions de personnes en
France, est sciemment entretenue à des fins de manipulations électoralistes.
Une personne qui met en danger la paix sociale comme le fait M. Valls avec ce discours
huntingtonien n’a pas sa place au gouvernement.

C’est pourquoi La voix des Rroms demande sa démission de M. Valls et son inscription à une formation civique avec un programme sur au moins les premières phrases de la constitution française : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. ». Obligatoire pour tous les étrangers sollicitant un titre de séjour, et dans une stricte exigence d’égalité, une telle formation devrait aussi être accessible à un ministre en voie de reconversion.

SOURCE
sur le même sujet : Dosta !

vendredi 27 septembre 2013

Rouhani sur Twitter bouleverse la diplomatie mondiale



Il y a une heure, Hassan Rouhani a raconté sur Twitter sa conversation au téléphone avec Barack Obama.
Une discussion historique, puisque les présidents Américains et Iraniens n'avaient pas eu d'échange direct depuis 30 ans !
Pour conclure cette conversation téléphonique de 15 minutes, Obama a souhaité "que Dieu vous garde" en persan.

L'usage de Twitter pour rendre compte de cet échange est de la part de M. Rouhani un événement aussi important que la teneur de la discussion.

Marshall McLuhan disait que le message c'est le médium, et son village global est aujourd'hui Twitter.

En proclamant publiquement que le dossier nucléaire trouverait vite une solution si il y avait une volonté politique pour cela, il annonce la fin des hostilités avec le leader de l'Atlantique nord. Il inaugure aussi une nouvelle forme de communication directe, comme l'autre théocratie d'occident : le Vatican. Twitter bouleverse ainsi tous les usages diplomatiques.

Cette diplomatie du tweet, qui n'avait jamais atteint ce niveau, est une affaire pour Twitter qui prépare son entrée en bourse. Rouhani aura-t-il droit à des actions gratuites ?

dimanche 22 septembre 2013

Pour les musulmans… qui se taisent

Encore des attentats, encore des morts.
A Naïrobi (59 morts), à Peshawar (61 morts). Si au Kenya la responsabilité des intégristes musulmans est avérée et revendiquée, au Pakistan elle est probable, leur cible étant la communauté chrétienne.

Ces horreurs, faites par des religieux extrémistes, sont une véritable caricature du message du prophète Muhammad.
Mais alors que la communauté musulmane dans son ensemble s'était mobilisée contre des Danois qui avaient dessinés son prophète, le 30 septembre 2005, mobilisation mondiale et bien organisée, on pourrait attendre la même mobilisation contre ceux qui dévoient la religion musulmane en semant des dizaines de morts sur leur passage en son nom.
La communauté musulmane sait très bien se rassembler dans de grands mouvements internationaux pour défendre sa religion.

Sans doute quelques communiqués de circonstance émanant d'autorités religieuses reconnues vont condamner les violences des Shebabs somaliens.

Mais ces horreurs devraient mobiliser l'ensemble des croyants soumis au Coran, qui gagneraient en respectabilité s'ils manifestaient massivement pour dénoncer ces crimes.
C'est aux musulmans, premiers concernés, de lutter contre les intégristes qui dévoient le message de "paix et d'amour" du saint Coran, ainsi qu'ils le revendiquent eux-mêmes.

En France, un grand défilé, avec Askolovitch et Tévanian en tête, voilà qui serait un message clair pour montrer que l'islam est une religion de paix, et que les musulmans n'ont rien à voir avec ces extrémistes violents qui tuent au nom d'Allah. Que les intellectuels français qui s'engagent pour la cause de l'islam et des musulmans usent de leur notoriété pour initier des manifestations de protestation…  Qu'ils organisent, qu'ils fédèrent un grand mouvement d'opinion chez les musulmans pour qu'ils puissent affirmer leur réprobation devant ces crimes. Ils mettraient leurs idées en action, échapperaient à leur plume qui les emprisonne dans l'abstrait de l'écrit.

Levez-vous, musulmans, et dénoncez ces assassins qui salissent votre religion ! Organisez de massives manifestations, brûlez des marionnettes à l'effigie des terroristes, comme vous savez le faire avec les images de ceux qui contestent votre religion.

Si vous ne le faites pas, votre silence vaudra complicité… qui ne dit mot consent.

PS : On n'ose imaginer une grande manifestation "œcuménique", rassemblant tous les croyants de toutes religions, où les juifs les chrétiens et les musulmans s'uniraient pour la gloire de leur dieu unique et mettraient en action les principes de paix et d'amour qu'ils revendiquent. Quel message ce serait… Mais n'allons pas si loin, les haines qu'ils entretiennent entre eux rendent ce rêve impossible.

mardi 17 septembre 2013

Chimiothérapie syrienne



Je dois reconnaître que je ne sais pas ce qu'il faudrait faire pour résoudre la crise syrienne et mettre un terme à la guerre civile.

Je suis bien conscient qu'il y a énormément d'inconnus dans ce conflit, que les intérêts stratégiques des différents protagonistes sont complexes à cerner, mais surtout je comprends que cette guerre est aussi médiatique, et que chaque information doit être prise avec circonspection, avec méfiance, même.

Néanmoins, quand j'ai vu les esprits s'exalter sur l'utilisation des armes chimiques, j'ai tout de suite ressenti qu'il y avait là un effet de posture, celle bien connue de la vertu et du bien s'opposant au vice et au mal.

Je n'ai jamais adhéré à cette vision manichéenne des choses, il y a longtemps que je ne crois plus au bien et au mal comme deux entités opposées.

Dans un premier temps, le procédé est efficace. D'un point de vue médiatique, l'arme chimique est parfaite pour séduire des opinions dont l'encéphale a depuis longtemps été formaté pour n'ingurgiter que des pensées simplistes illustrées d'images choc : les tragiques convulsions des martyrs gazés, largement diffusées, nous renvoient à notre triste passé européen et constituent le repoussoir ultime qui doit souder les unions nationales.

Ces 2 % de syriens victimes du gaz mortel seront la justification de l'ingérence. Le crime contre l'humanité est constitué.

Les 98 % restant ne valent rien… morts sous la torture, sous les balles, sous les bombes, tout cela na vaut pas, dans cette logique de vertueuse imbécillité, qu'on se mobilise pour stopper le massacre.

Bachar el-Assad, en acceptant le plan proposé par les USA et la Russie (renoncer officiellement à ses armes chimiques et les détruire), éloigne avec beaucoup de finesse tout risque de frappe internationale. Et il aurait bien tort de ne pas suivre scrupuleusement ces directives : non seulement il anéanti le réquisitoire de ceux qui l'accusent, mais il se refait même une nouvelle image internationale, celle d'un homme ouvert au dialogue et respectueux des règles internationales.

Quant à la diplomatie internationale, et aux défenseurs des valeurs universelles (dernière des utopies post-coloniales), ils démontrent la sottise de leur action ; le message qu'ils font passer c'est qu'on peut tuer des milliers de personnes, mais qu'il faut le faire avec les canons, des grenades, des fusils, des baillonettes ou des coups de poings…

Le régime dictatorial de la Syrie était bien malade, mais avec une utilisation bien dosée de produit chimique, le docteur El-Assad a démontré qu'une guérison était encore possible.

Lire sur Slate : La victoire d'Assad

dimanche 25 août 2013

Roland Chassain à Chateaurenard


Rolland Chassain est toujours là (Dimanche Plus... par LeLab_E1

Il y a un peu plus d'un an, Roland Chassain, candidat UMP aux législatives dans la circonscription d'Arles, se désistait au second tour pour Valérie Laupies, la candidate du Front National.
Derrière une réprobation de façade des dirigeant de l'UMP, J.F. Copé promettant son exclusion du parti, cette alliance avec le Front National n'a guère ému et n'aura aucune conséquence. Roland Chassain a déclaré, lors d'une interview sur Canal Plus, avoir eu Jean-François Copé au téléphone. Ce dernier lui aurait dit "laissons passer les orages".

En effet, Chassain sera bien présent au Parc Chanot au mois d'octobre 2012 pour soutenir Copé, et aujourd'hui il est à Chateaurenard, sur les terres du député "Droite Pop" Bernard Reynès, où le président de l'UMP tient son traditionnel meeting.



Chassain ne fait que dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas :
Les passerelles sont nécessaires entre ces partis à droite pour répondre à la gauche. Il faut qu'on soit décomplexés…  (vidéo sur Marsactu)

Le ton est donné pour les municipales.

mardi 20 août 2013

éloge de l'islamophobie



"Je ne peux pas imaginer un Dieu qui récompense et punit l'objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l'expérience de la mienne. Je ne veux pas et je ne peux pas concevoir un être qui survivrait à la mort de son corps. Si de pareilles idées se développent en un esprit, je le juge faible, craintif et stupidement égoïste."
(Albert Einstein, Comment je vois le monde, 1934)

Je partage totalement cette réflexion du célèbre physicien.
Le sentiment religieux, qui n'est qu'une opinion parmi d'autres ne me dérange pas. Je suis pour la liberté de penser, même des absurdités. Rien n'est plus salutaire que d'entendre un imbécile se vanter de ses stupidités : on sait tout de suite à qui on a à faire. D'autre part, il faut bien avoir conscience qu'on est toujours l'imbécile d'un autre, et que si on devait interdire l'expression stupide, on devrait interdire l'expression tout court.

Je suis par contre très inquiet quand un groupe d'esprits faibles, craintifs et stupidement égoïstes, se constitue pour tenter d'imposer ses croyances et ses coutumes aux autres. La liberté individuelle, la liberté de conscience, n'est pas la liberté d'imposer aux autres des interdits ou des commandements.

C'est bien ce qui est insupportable dans la religion, aujourd'hui. Une organisation qui entend édicter des lois pour définir la morale et les mœurs, comme les font les religions monothéistes, est contraire au fonctionnement démocratique où seul un parlement défini les lois, après un débat contradictoire. Les religions sont donc par essence anti-démocratiques.  Bien pire, elles utilisent la démocratie pour mieux la détruire et tenter de prendre le pouvoir, comme on l'a vu récemment en Egypte, en Algérie, ou en Libye, par exemple.

La démocratie n'est d'ailleurs qu'un outil, pas un but en soi. Les pires régimes politiques utilisent souvent cet outil pour mettre en place leur totalitarisme, et le plébiscite est un des instruments préféré des dictateurs pour parer leur pouvoir d'une légitimité trompeuse.
Cet outil qu'est la démocratie n'a de sens que si les esprits qui l'utilisent sont libérés de l'obscurantisme.
C'est en effet bien cela le but ultime : libérer l'esprit humain, lui rendre son libre-arbitre, le préparer à la connaissance, en perpétuelle évolution. L'esprit des Lumières philosophiques et scientifiques qui cherche à libérer l'homme et ses pensées n'est pas la conséquence de la démocratie, bien au contraire, il la précède, et sans lui cette démocratie n'est qu'un leurre.

S'opposer à toute organisation religieuse est donc une forme d'humanisme, et on a bien vu comment les catholiques savaient s'organiser pour s'opposer aux lois républicaines et à l'évolution sociétale, en France, pour exprimer leur homophobie.
En Israël, c'est un juif intégriste qui assassine le premier ministre Yitzhak Rabin, "au nom de Dieu", et c'est encore des religieux qui militent pour instaurer une ségrégation sexuelle dans les transports publics.

Les religions ont sans doute été très bénéfiques, il y a un millénaire, quand l'humanité n'avaient pas d'autre réponse pour transcender ses angoisses existentielles. Mais au XXIe siècle, c'est la science qui produit des miracles (guérir de maladies, marcher sur la Lune ou voler dans les cieux…) et apporte une réponse étayée par des faits aux interrogations que motivent les mystères de la nature.
La religion aujourd'hui ne fait plus qu'alimenter les guerres et l'opposition entre les peuples, elle ne cherche plus qu'à préserver son sexisme biblique présent dans "les trois religions du livre".

Alors oui, si l'islam est bien une religion, je suis islamophobe.
N'en déplaise à monsieur Plenel.

Mise à jour :
ce billet a 2 suites, à consulter sur Médiapart :
- Les Kabyles de Tizi-Ouzou sont-ils racistes ? (21-08)
Des kabyles ont mangé en public en plein ramadan pour protester contre "la pression des imams"…
- Pourquoi j'ai renié l'islam (24-08)
Walid al Husseini a fait 10 mois de prison pour s'être déclaré athée…