samedi 27 juin 2015

Quelques réflexions sur le revenu de base

Voici un film suisse intéressant, bien qu’un peu long (pour le monde d’Internet).



Le revenu de base ! Etonnante utopie qui pourrait allier les fondements du communisme au libéralisme rêvé par les entrepreneurs.
Le principe est simple : supprimons toutes les allocations sociales versées sur conditions et remplaçons-les par un revenu donné à chaque citoyen, sans conditions. Le pauvre et le riche touchent le même pécule, permettant de subvenir a des besoins de base (logement et nourriture).

Cela signifie la fin des SDF, mais pas la fin des inégalités sociales.
Mais ce changement n’est pas tant un problème économique — de nombreux économistes participent à la formulation de cette utopie — qu’un problème psychologique. Déconnecter la survie du labeur pour tous les citoyens, serait une révolution, une première dans l’histoire de la civilisation.
Cela ne signifie pas pour autant la fin du labeur, il faut bien meubler l’angoisse existentielle par une activité, travail, jeu, sport… tout est bon pour échapper au miroir de notre âme qui nous renvoie a ce que nous sommes réellement, c’est à dire peu de chose.


L’attribution d’un revenu de base n’empêche pas l’enrichissement pour celui qui a le sens des affaires, ou l’envieux qui veut dépasser son voisin, son rival, en travaillant.
Par le passé, la noblesse oisive a permis aux sciences de se développer, à la philosophie de s’épanouir, au siècle des lumières de briller. Ne pas avoir d’emploi n’est donc pas forcément être inactif, les retraités, de plus en plus nombreux, le démontrent. La grande révolution du revenu de base, c’est qu’il change notre dépendance à l’emploi.
Un revenu de base permettrait aux étudiants de mieux étudier, il favoriserait le travail à temps partiel. Il pourrait changer le rapport de subordination que nous entretenons dans le monde professionnel. Celui qui octroie un emploi, actuellement, procure la survie, le statut social, la dignité ; l’emploi est tout et le perdre est un drame. Le revenu de base perturbe ce rapport de domination.

 Quel sens a le contrat de travail à durée indéterminé si ce rapport de subordination disparaît ? Que devient l’assurance chômage, peut-on la cumuler avec le revenu de base ? Ne vaut-il pas mieux déconnecter cette assurance de l’emploi pour en faire une assurance volontaire optionnelle comme une autre ? Le système de retraite par répartition, qui n’est une sorte de pyramide de Ponzi, n’est-il pas aussi à repenser, pour le libérer aussi de ses liens liés à l’emploi salarié ? C’est donc tout un système social qui serait bouleversé et qu’il faudrait repenser. Le principal obstacle à ce bouleversement, c'est notre conformisme devant cette véritable révolution copernicienne sociale.

A la question du financement, il faut compter qu’en faisant disparaitre toutes les allocations sociales versées sur conditions, on fait disparaitre aussi tous les emplois ce ceux qui gèrent, attribuent, contrôlent et distribuent ces allocations, on libère tous les locaux et le matériel qui va avec. Pour le reste, c’est une proposition de ce film, il s’agit de recentrer la fiscalité sur la TVA, impôt sur la consommation, au lieu de l’imposition sur le revenu salarial.
La démonstration de l'intérêt de la mesure est très intéressante.

Une étonnante utopie, mais nos grandes avancées sociales furent toutes un jour des utopies. Il faut prendre le temps de regarder ce film.

dimanche 7 juin 2015

Paradis perdus



Je suis parfois perplexe devant la situation complètement paradoxale de notre système de pensée et de notre mode vie (l'un allant avec l'autre).
Quiconque suit plus ou moins l'actualité remarquera que l'environnement occupe une place majeure dans les principales questions qui font débat.

Et ce thème environnemental, qui est effectivement essentiel, est joué sur un mode à la fois catastrophique et culpabilisant. En effet, c'est bien l'activité humaine qui détruit son propre environnement.

Mais d'un autre côté, la pression médiatique et morale oblige le citoyen à consommer toujours plus, selon les règles des années prospères de l'après-guerre.
L'invention des produits jetables, du plastique, de l'obsolescence programmée, le besoin de s'assurer un "niveau de vie" calqué sur un modèle fabriqué par l'industrie culturo-consumériste, provoque une double contrainte, un double message contradictoire permanent :
"Tu dois consommer toujours plus" ne s'oppose-t-il pas à "ta consommation détruit l'environnement" ?

Personne n'a jamais décidé consciemment d'imposer ces doubles contraintes, ce langage paradoxal, mais notre culture fonctionne selon des schémas bien établis.

Personne n'a jamais décidé consciemment de reproduire la Bible dans cette nouvelle épopée de l'histoire humaine qui s'écrit devant nous. Mais il est facile de voir des similitudes troublantes entre les mythes bibliques — eux mêmes élaboré d'après des mythes antérieurs — et la manière dont nous racontons notre propre histoire contemporaine, au jour le jour.

Notre quête de retour à la Nature n'est-elle pas celle du retour au jardin d'Eden ?
Comme dans le récit biblique, l'humanité a perdu ce paradis, et elle doit se racheter en payant sa dîme, sous forme d'impôts, de prix plus élevés, etc.
Le message médiatique, messianique pourrait-on dire, est en effet porté par des figures auto-proclamées chargées de "sauver la planète" qui est "malade" par notre faute, et qu'ils soient présentateurs de télévision reconverti, navigatrice en chaloupe ou photographe esthète, leurs fondations rachètent vos péchés pour pas cher.
Nous sommes individuellement responsables, nous sommes coupables, et inévitablement nous courrons à la fin du monde, la fameuse apocalypse qu'on attend depuis des milliers d'années et qui est bien efficace pour motiver les hordes humaines.
Le fait même de penser que la planète puisse connaître le Bien, la santé, ou le Mal, la maladie, montre un anthropomorphisme projeté sur cette nouvelle déesse-mère tout à fait semblable à celui du dieu de la Bible.
La représentation commune de cette nature idéale est aussi une illusion, puisque c'est un monde où le climat n'aurait pas d'évolution, un monde figé dans un temps mal défini ; sans doute après la révolution du néolithique et avant la révolution industrielle, une époque où l'humanité n'aurait plus vraiment de prédateurs naturels, mais déjà de bonnes connaissances techniques et une culture développée.
A chacun de choisir son moment préféré en fonction de l'état de la faune et de la flore qu'il veut y voir*.
Dans cette fable moderne et manichéenne, le péché originel est la connaissance rationnelle avec le progrès industriel qu'elle permet et la cupidité qui en découle, comme dans la Bible où l'arbre de la connaissance porte les fruits défendus.

Mais notre esprit est aussi formaté par un autre paradis perdu, celui des trente glorieuses, de la croissance économique perpétuelle, de l'allongement de la durée de vie, de l'abondance et de la richesse. Un monde bipolaire facile à comprendre, avec les gentils démocrates capitalistes et les méchants marxistes communistes.
Un monde exemplaire qui sert encore de promesse à toute les actions politiques, un monde révolu pourtant, et qui portait en lui tous les malheurs d'aujourd'hui : remembrement agricole et productivisme, consumérisme outrancier et gaspillage alimentaire, politique du tout-nucléaire et dilapidation énergétique, empoisonnement alimentaire et surconsommation d'antidotes-médicaments… la liste de nos maux modernes hérités des politiques élaborées il y a un peu plus d'un demi-siècle est sans fin.

Alors nous voilà devant deux paradis perdus, antagonistes — et tous aussi illusoires que celui de la bible — qu'on nous vend en même temps depuis à peine deux décennies, et dont la quête nous oblige à adopter des postures paradoxales.
Cette double contrainte permanente peut mener à la folie, et l'état actuel de notre société est aussi le reflet de la schizophrénie provoquée par l'impossibilité d'une fusion de ces paradis fantasmés. Il n'est pas étonnant de constater que le paradis religieux tente de retrouver toute sa place face à ce phénomène récent de propagande paradoxale.

Et si on y réfléchit bien, tout ceci n'est que le résultat d'une mauvaise communication, d'une présentation simpliste, archaïque, manichéenne et sans nuance des défis que nous devons relever, appuyée par beaucoup de bons sentiments et d'intérêts à court terme, pour éviter d'avoir à inventer une nouvelle façon de raconter une histoire, une nouvelle manière de penser pour vraiment construire l'humanité du XXIe siècle.

*pour ma part, c'est le XVIe siècle, j'ai toujours voulu voir un dodo en vrai

mardi 24 février 2015

Le triste bilan d'Euromaïdan


Un an après la révolution d’Euromaïdan en Ukraine, peut-on dresser un bilan objectif de la situation ? Une puissante guerre médiatique oppose deux visions de ces événements et un observateur qui voudrait s’informer objectivement et puiserait ses informations dans les deux camps qui s’affrontent se trouverait bien vite submergé de thèses contradictoires.

Un événement bien réel peut avoir plusieurs réalités, tout dépend d’où on le regarde, et avec quelle idée préconçue on l’aborde. Vingt-cinq ans après l’effondrement de l’URSS, la crise ukrainienne réactive les vieux réflexes de la guerre froide et son manichéisme si confortable.

L’Ukraine doit-elle être sous influence des Etats-Unis ou de la Russie ? Toute la crise ukrainienne est dans cette simple question. Proie facile, ce pays n’a en réalité jamais été indépendant : à sa naissance en 1917, sur les ruines de l’Empire Russe, c’était un état satellite de l’Empire Allemand, puis une composante originelle de l’URSS en 1919, et enfin un état autonome depuis 1991, toujours sous influence russe. Depuis quelque mois, il s’est rangé dans le camp occidental, et plus particulièrement américain. C’était tout l’objet de cette révolution.

La décision du président Yanoukovitch de ne pas signer un accord d'association avec l'Union européenne, ajoutée a ses méthodes autoritaires, à la corruption du régime, met le feu aux poudres à Kiev et les premiers martyrs tombés sur les barricades transforment la contestation en révolution, provoquant la fuite en Russie du président contesté.

Il faut cependant reconnaitre que Yanoukovitch a été élu de façon démocratique, et que son électorat massif dans le Donbass et presque inexistant dans l’ouest reflète la division du peuple d’Ukraine. Pour certains nationalistes de l’ouest, à la pointe de la contestation d’Euromaïdan, les russophones et russophiles ukrainiens sont un peu des fils de colons imposés par Staline sur des terres qui ne sont pas les leurs. Cette vieille rancune est une des raisons qui peut expliquer la guerre civile actuelle, et le massacre d’Odessa de mai 2014.

La Russie, qui s’inquiète de cette main-mise sur ce territoire lié au sien depuis un millénaire intervient militairement en soutenant les contre-révolutionnaires du Donbass, à l’est du pays et en annexant la Crimée qui abrite une base navale russe d’un intérêt stratégique majeur.

L’Ukraine s’est donc offerte à l’occident.

Fin 2014, le ministère des finances est attribué à Natalia Iaresko, ressortissante américaine d'origine ukrainienne, qui a fait une partie de sa carrière au département d'Etat, le ministère des affaires étrangères américain, alors que le fils du vice-président des Etats-Unis Hunter Biden intégrait dès l’été 2014 la holding spécialisée dans les hydrocarbures Burisma, ainsi que Devon Archer, un proche du Secrétaire d’état John Kerry.

Le bilan de ce changement est particulièrement lourd : des milliers de morts, une guerre civile, un effondrement économique sans précédent (la monnaie a perdu presque trois quarts de sa valeur), une crise internationale majeure. Le régime des oligarques que voulait abattre le peuple d’Ukraine est toujours là, certains entretiennent même des milices armées, c’est une nouveauté.

Sous perfusion financière de ses nouveaux partenaires occidentaux, le pays n’a d’ors et déjà qu’une indépendance toute relative.

C’est un bien triste bilan

lundi 12 janvier 2015

Si les terroristes ne sont pas musulmans, ceux qui les inspirent le sont-ils ?



Réaction légitime d’un pays sous le choc du carnage à Charlie Hebdo, puis au supermarché casher, la formule « les terroristes ne sont pas musulmans » est reprise et apprise comme un mantra libérateur. Néanmoins, cette formule souffre d’ambiguité, et mérite la réflexion.

Bien entendu, pour le croyant commun, celui qui pratique son culte strictement ou avec légèreté, la formule peut sembler exacte. Même si des terroristes commettent leur forfait au nom d’une religion, cela n’engage qu’eux et ceux qui les soutiennent.
Ceux qui les soutiennent, justement, fermement ou du bout des lèvres, et c’est leur seul péché, sont-ils eux-même des musulmans ? Que dire de ceux qui les inspirent, et qui n’ont peut-être jamais tué personne eux-même, ni commis aucune violence physique… sont-ils musulmans ?

Les imams de France s’accordent pour déchoir ces assassins de leur religion, mais que disent-ils de ceux qui les inspirent ? Retirent-ils aussi leur religion aux imams fondamentalistes qui traitent ces assassins en héros et en martyrs ?
Quand le principal idéologue qui inspire les jihadistes est aussi un des principaux martyrs du mouvement des frères musulmans, il est difficile de le condamner publiquement.
Toute l’ambiguité de la formule apparait alors, et même le danger qu’elle comporte.
En niant que ces terroristes sont des musulmans extrémistes, nous pratiquons un déni dont nous subissons tous, musulmans comme non-musulmans, les conséquences meurtrières.
Cette négation sous-entend que l’extrémisme musulman n’existe pas.

Les mots sont importants : on parle rarement de musulman extrémiste, ou d’extrémisme musulman, mais plutôt d’islamiste ou d’islamisme. La différence est plus flagrante, et il est possible alors de dire que l’islamiste n’est pas musulman. Ne nous laissons pas abuser par ces subtilités sémantiques.
Si effectivement, pour les musulmans dont la pratique est modérée, la violence n’est pas acceptable, d’autres plus radicaux peuvent l’admettre. Les Palestiniens qui commettent des attentats à Jerusalem ont-ils le droit de rester musulmans ? Après tout, qui contesterait aux résistants français le droit qu’ils avaient de faire des attentats ?

L’étude des idéologues de l’islam radical permet de voir que cette violence est théorisée, entre autre par l’Egyptien Sayyid Qutb (1906-1966), une sorte de Marx de l’islamisme radical, le théoricien auquel continuent de se référer Al-Qaïda et les jihadistes (1) mais aussi l’actuel Premier ministre marocain, Abdelilah Benkirane. Ce dernier aurait déclaré que la lecture de Qutb lui avait ouvert les yeux, changeant sa vie (2).
Cet idéologue de l’organisation des Frères Musulmans — qui prendront, après sa mort, leurs distances avec les implications les plus radicales de ses idées — n’hésitait pas à affirmer que les musulmans n’appartenant pas à l’organisation pouvaient être condamnés en masse comme hypocrites et impies. Un peu comme les imams de France condamnent les terroristes islamistes.
Qutb, personnage complexe, à la fois poète et puritain (il fustigeait la musique populaire égyptienne), était aussi le premier théoricien d’un choc des civilisations. Pour simplifier sa pensée, on peut dire qu’il souhaitait à la fois la fin de la société capitaliste occidentale, et la fin du monde marxiste et socialiste pour imposer la civilisation musulmane et la charia. Bien entendu, il dénonçait le « complot juif » et fut l’auteur un opuscule titré « Notre combat contre les juifs ».

Ainsi, logiquement, on devrait se poser la question si Qutb est musulman… et on comprend que cette question est stupide.  Le takfir (déchéance du statut de musulman) est bien codifié dans l’islam par plusieurs hadiths, et prononcer cette déchéance est un acte très grave, similaire à une malédiction. On y découvre que le fait de s’allier militairement avec un chrétien ou un juif peut en être un motif, dans certaines conditions. Quant au meurtre de mécréants, ce motif ne semble pas mentionné, il est par contre suggéré dans la Sourate 4 verset 89 du Coran : « Ils aimeraient vous voir mécréants, comme ils ont mécru : alors vous seriez tous égaux! Ne prenez donc pas d'alliés parmi eux, jusqu'à ce qu'ils émigrent dans le sentier d'Allah. Mais s'ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez; et ne prenez parmi eux ni allié ni secoureur, »(3)
Ainsi, un érudit de l’islam qui brille par sa piété trouvera toujours un mot, dans le livre sacré ou les milliers de hadiths, pour justifier ce qui nous parait injustifiable.

Il n’est donc pas si simple de décider qui est musulman, surtout si on ne l’est pas soi-même. L’abondance des courants de cette religion, d’imams aux avis divergents rend même la tâche pratiquement impossible.

Plutôt que d’inventer des formules rassembleuses mais un peu mensongères, comme des slogans publicitaires, il serait plus utile d’appeler les choses par leur nom et de ne pas se réfugier dans le déni. L’islam est multiple, certains musulmans sont fondamentalistes et d’autres, plus modérés.
Derrière cette formule, « les terroristes ne sont pas musulmans », il y a en réalité, pour le pouvoir politique français, la volonté de voir un islam discret dans notre république laïque, éloigné de l’intégrisme, des idées de Qutb et des frères musulmans. Une sorte de souhait d’une réforme de l’islam non formulé.
C’est bien cette question qui se pose depuis des années et qu’on n’ose pas regarder en face.
IL est plus facile de proclamer que les terroristes ne sont pas des musulmans que de dire aux musulmans de France qu’ils devraient se couper la barbe et ne pas voiler leurs filles, ces signes visibles que la réforme de l’islam ne se fait peut-être pas dans le sens voulu par les républicains laïcs. Il faut bien comprendre, pourtant, que le dévot sera toujours considéré comme meilleur croyant que celui qui oublie parfois de faire ses prières, et que ceci est valable pour toutes les religions.
La laïcité est un long et difficile combat.



(1) Books, n°48 - « Les racines de l’islamisme »
(2) Max Rodenbeck, New York Review of Books - 9 mai 2013 - « Le Marx de l’islamisme radical »

(3) Traduction de Mouhammad Hamidullah, révisée et éditée par la présidence générale des directions des recherches scientifiques islamiques, de l'ifta, de la prédication et de l'orientation religieuse (Riyad, Arabie Saoudite) puis publiée en 1990 sous le titre "Le Saint Coran et la traduction en langue française du sens de ses versets".

mercredi 23 avril 2014

Le sceptre de la Ve République



Alors qu'on nous bassine avec ce déficit qu'il faut résorber, cette règle d'or à laquelle — il n'y a pas d'autre alternative aurait dit Margaret — nous devons nous soumettre, cette Allemagne qu'on nous montre en modèle, alors que le gouvernement français traque les gaspillages, il y a un sanctuaire que tout le monde connait, mais que seuls de rares blasphémateurs osent remettre en cause : c'est la force de dissuasion nucléaire.

Paul Quilès, ancien ministre de la défense de François Mitterrand, est de ceux-là, mais aussi Michel Rocard.

Il est difficile d'évaluer le coût de cette force de dissuasion, aux alentours de 4 milliards d'euros par an semble-t-il. Mais une chose est sûre, c'est qu'elle ne nous sert à rien. Dans une France Gaulliste, celle-ci pouvait se comprendre. La France était alors le champion des pays non-alignés et de Gaulle allait même défier les USA sur leur continent ("vive le Quebec libre, vive le Québec français, vive la France"). L'arme nucléaire marquait l'indépendance de notre pays qui se rêvait encore comme une des grandes nations du monde.

Tout ceci est terminé.

La France du XXIe siècle est soumise à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, comme une fidèle vassale des USA qui assurent sa protection. Notre arsenal ne pèse rien dans le dispositif nucléaire américain.

Par contre, le modèle de bonne gestion, le pays le plus puissant d'Europe, l'Allemagne, fait lui cette économie de l'arme nucléaire.
Il nous faut tout faire comme l'Allemagne sauf en ce qui concerne l'arme nucléaire.

Cette poignée de milliards, concédée à la danseuse de la République, la force de dissuasion n'est pas autre chose, ne saurait rentrer dans le plan d'austérité actuellement en discussion (enfin, façon de parler).
Pardon, il faut dire le Pacte de responsabilité, ou de solidarité, je ne sais plus… il y a tellement de pactes, de nos jours… Comme disait Jean Jaurès, quand on ne peut plus changer les choses, on change les mots.

Mais revenons à notre sujet.

Au delà d'une hypothétique protection (les guerres indo-pakistanaises nous rappellent ce qu'il y a de mensonger dans l'appellation "dissuasion") l'arme nucléaire symbolise en réalité le pouvoir monarchique de notre Ve République. C'est bien le monarque présidentiel qui seul décide de son usage apocalyptique. En créant la force de dissuasion nucléaire, de Gaulle donnait un sceptre à son pouvoir.

La Ve République, achevée par le quinquennat qui renforce encore son absolutisme, ne saurait se passer de ce symbole du pouvoir absolu confié aux mains d'un seul. Un sceptre à quatre milliards, au bas mot.

Vive la République, mais la Sixième, si possible.

Pour aller plus loin : débat entre Paul Quilès et le général Etienne Copel. (Emission Politiques de S. Moati, à partir de 25')

mardi 1 octobre 2013

Oltramare, alias Soral, alias Dieudonné



Connaissez-vous Georges Oltramare ?

Né à Genève en 1896, Georges Oltramare a créé en Suisse un mouvement politique calqué sur le nazisme et le fascisme italien, l’Union Nationale (1932).

En 1922 il devient rédacteur du Journal Officiel. Mais, ayant publié sous le manteau un très vif pamphlet contre la Société des Nations, il perd sa place. Le journal La Suisse le licencie en raison de la virulence de ses articles antisémites. En réaction, il lance en 1923 son propre journal satirique, Le Pilori, qui atteindra les 20 000 exemplaires et dans lequel il s'en prend aux juifs, aux politiciens et aux « affairistes ». Un tremplin pour lancer son parti fasciste (soutenu par Mussolini).

Ce charmant personnage est aussi un homme de scène. Il fait partie de la première troupe de théâtre de Georges Pitoëff installé à Genève en 1915. Il apparait en 1929 sous le nom de scène d'André Soral dans trois films dont deux d'un proche, le réalisateur Jean Choux, qui réalisera sous l'occupation des films d'inspiration vichyste.

En juin 1940, Oltramare accompagne Otto Abetz à Paris, est rémunéré par l'Ambassade d'Allemagne, et fait des causeries à Radio-Paris, particulièrement sur des thémes antisémites, sous le pseudonyme de Dieudonné.

Après la Libération, il regagne la Suisse où il est arrêté le 21 avril 1945. Condamné à mort en France il s'exile en Egypte en sortant des geôles hélvétiques, en 1952. Il meurt en 1960.

Un homme de scène se faisant appeler Dieudonné, un polémiste ayant Soral comme pseudonyme… et un fasciste antisémite notoire et propagandiste.

Pas de doute, il mérite une "quenelle d'or".

Sources : Le Temps - Wikipedia - Genève non conforme

samedi 28 septembre 2013

Communiqué de la voix des Rroms

 


Valls: démission et formation civique

M. Manuel Carlos Valls a grandement besoin d’une formation civique comme celle à laquelle
est soumise la délivrance d’un titre de séjour pour les personnes étrangères. En effet, bien que Français depuis 1982, M. Valls ne semble pas encore avoir assimilé correctement les
principes et les valeurs fondamentales de la République dont il est ministre de l’Intérieur. Il en a largement fait la preuve en soutenant encore aujourd’hui que les Rroms «ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation» avec les
populations locales.

La voix des Rroms tient à rappeler qu’environ 97% des Rroms vivant en France sont citoyens français et que, par conséquent, en tant que Rroms, ils n’ont pas « vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie.», comme le prétend M. Valls avec un populisme dégoûtant pour tout citoyen. Concernant les Rroms roumains ou bulgares, ces derniers n’ont pas à être désignés distinctement et traités différemment de leurs concitoyens non-rroms.
La situation de quelques 15.000 Rroms de citoyenneté roumaine ou bulgare qui survivent
dans des bidonvilles n’est pas un « problème rom », comme se plaisent à la dire les autorités.

Elle est la conséquence logique d’une politique xénophobe et populiste initiée par l’ancien
ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy et poursuivie jusqu’aujourd’hui. Cette exclusion,
partie intégrante de la crise du logement, qui touche presque 4 millions de personnes en
France, est sciemment entretenue à des fins de manipulations électoralistes.
Une personne qui met en danger la paix sociale comme le fait M. Valls avec ce discours
huntingtonien n’a pas sa place au gouvernement.

C’est pourquoi La voix des Rroms demande sa démission de M. Valls et son inscription à une formation civique avec un programme sur au moins les premières phrases de la constitution française : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. ». Obligatoire pour tous les étrangers sollicitant un titre de séjour, et dans une stricte exigence d’égalité, une telle formation devrait aussi être accessible à un ministre en voie de reconversion.

SOURCE
sur le même sujet : Dosta !