samedi 30 juin 2012

Adieu cher camarade…


Je suis Olivier Ferrand.

Je suis né à Marseille en 1969 et j’ai vécu toute ma jeunesse dans le sud de la France entre Marseille où je faisais ma scolarité et Velaux, berceau de ma famille paternelle où habitaient mes grands-parents.

A mes 20 ans je suis parti à Paris pour mes études, où j’ai été diplômé d’HEC, ancien élève de Sciences Po et de l’ENA . Administrateur civil au ministère de l’économie et des finances, j’ai débuté ma carrière en 1997 à la Direction du Trésor, où je me suis occupé de négociations financières internationales (G7, FMI, OMC, OCDE), puis de négociations européennes.

J’ai ensuite été conseiller technique pour les affaires européennes du Premier ministre Lionel Jospin, conseiller du représentant de la France à la Convention sur l’avenir de l’Europe , Pierre Moscovici, membre du groupe des conseillers politiques du président de la Commission européenne, Romano Prodi, puis délégué général du Think tank « À gauche en Europe », fondé par Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard.

J’ai été chargé de mission à l’inspection des finances. Puis j’ai été nommé rapporteur général de la mission « l’Europe dans la mondialisation » présidée par Laurent Cohen-Tanugi (2007 – 2008). J’ai également été le rapporteur adjoint de la commission Juppé-Rocard sur les investissements d’avenir (2009).

Depuis le 1er novembre 2009 , je suis chargé de mission à l’ IGPDE (Institut de la gestion publique et du développement économique). Européen convaincu, je suis rédacteur en 2004 du rapport Construire l’Europe politique que Romano Prodi a commandé à un groupe de hautes personnalités présidé par Dominique Strauss-Kahn. Administrateur de l’ONG Europa Nova, je participe aussi à la rédaction du rapport "Peut-on faire l’Europe sans les Européens ?" remis au Conseil européen de juin 2006.

Je suis également membre du parti socialiste. J’ai été responsable du PS pour les questions européennes et internationales. Maire adjoint du 3e arrondissement de Paris de 2001 à 2007, je suis investi par le PS en 2007 comme candidat aux élections législatives dans la 4e circonscription des Pyrénées-Orientales. Battu aux législatives, je me fais élire l’année suivante dans la ville de Thuir, où j’ai été maire adjoint de 2008 à 2010. Je suis actuellement investi par le PS aux législatives de 2012 sur la 8e circonscription des Bouches-du-Rhône, où ma famille a ses attaches.

J'ai été élu le 17 juin. Je suis mort le 30 juin 2012.

(source : page Facebook d'Olivier Ferrand, photo Samuel pour webstern socialiste)

jeudi 28 juin 2012

Des putes et des tweets !



Des putes et des tweets, voilà ce qui semble être la version moderne de "du pain et des jeux", la recette de la Rome antique pour acheter la paix sociale.

De la même manière, à ce qu'il me semble, si toutefois mon jugement n'est pas trop altéré par ma vie de débauche, les affaires médiatiques qu'on nous jette à l'écran, pour saturer notre part de cerveau disponible, semblent avoir pour effet de nous détourner de la realpolitik hollandaise.

C'est un très intéressant article de Mathias Destal, sur Marianne2, lu avec retard, qui me provoque cette réflexion. Elle me trottait déjà dans la tête depuis quelques jours et avait besoin de se retrouver dans des mots extérieurs, pour donner une forme intelligible au murmure qui cherchait a se structurer dans les méandres de mon mince néocortex.

Voilà ce que dit Marie-Noëlle Lienemann, dans cet article d'il y a 4 jours, en réponse à la proposition de Najat Vallaud-Belkacem d'abolir la prostitution, de la faire disparaître :  
«Moi, je ne veux plus d’alcooliques et je ne veux plus de toxicomanes. Et après on fait quoi ?  Je ne comprends pas pourquoi on dépense notre énergie sur des questions de mœurs périphériques alors qu'il existe déjà des lois. Qu’on s’occupe des questions économiques et sociales en priorité. On ne va pas commencer à faire comme Sarkozy!»
Dans le même ordre d'idée,  la folie médiatique engendrée par les tweets de madame Trierwiller a complètement masqué les petites concessions libérales du président de la République.

Lienemann a bien raison, les épouvantails n'abusent que ceux qui ont une cervelle d'oiseau.

Lundi, toujours,  Daoud Boughezala, sur Causeur, mettait l'accent sur les contradictions idéologiques entre les déclarations de François Hollande, aussi lisses que des couleuvres, et les convictions de Montebourg. Quand le premier se félicite, à la fin du G20, d'avoir atteint ses objectifs, dont "la lutte contre le protectionnisme", le second bataille contre les délocalisations dans un ministère du redressement productif qui ne maitrise pas le commerce extérieur, après avoir défendu le protectionnisme intelligent pendant 15 ans.

Voilà, c'est l'exercice du pouvoir, qui semble-t-il, oblige à couper d'une eau réaliste le vin de Bourgogne. Tant pis pour sa superbe. Viendra peut-être même un jour où on nous dira qu'il n'y a pas d'alternative, en paraphrasant Margaret Thatcher et qu'on est au régime sec. Pas de salut en dehors de l'OMC, qu'il faut renforcer, ainsi que la libre circulation des biens… Dommage pour Arnaud qui souhaitait voir disparaître cette organisation.

Alors quand on a élu des gens sur la promesse de changement, on est intrigué de les voir en protecteurs des système établis…
On pourrait même en trouver d'autres, des renoncements face à l'ordre établi, au "concert des nations", à la puissance de ceux qui contrôlent les énergies, et j'en passe.

Finalement, parler des putes et des tweets, c'est plus facile que de mesurer dans quelles proportions il va falloir couper notre vin.


A la tienne camarade !

vendredi 22 juin 2012

Bachir Saleh, Alexandre Djouhri, les affaires continuent

 B. Saleh

Selon les investigations de Médiapart, dans un article du 28 avril 2012 de Fabrice Arfi et Karl Laske, Bachir Saleh, ex-directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi et président d’un fonds souverain libyen (Libyan African Portfolio), aurait été chargé de superviser les paiements (50 millions €) destinés a financer la campagne électorale du candidat Sarkozy, en 2007.

Bien que recherché par Interpol, depuis la chute du dictateur Libyen, Bachir Saleh bénéficiait de la protection de l'Elysée, selon diverses sources.

Pour le Canard Enchainé (cité par Rue89), citant un diplomate anonyme, « au fil des ans, à partir de 2007, Saleh était surtout devenu l’interlocuteur privilégié de Claude Guéant, très assidu chez le Colonel (…) Jusqu’à la guerre, il ne faisait que passer. La fin tragique de son mentor l’a incité à demander de l’aide à ses amis. Ceux-ci ont d’abord fait un peu la sourde oreille mais sans doute a-t-il su se montrer persuasif car Guéant s’est mis au boulot. »

Pour Paris Match, d'après l'enquête de François de Labarre du 2 mai, "L’ancien conseiller de Kadhafi qui jouissait jusqu’au début de cette semaine du soutien discret des autorités françaises est aujourd’hui aux aguets. Hier, jour où le président Nicolas Sarkozy se déclarait prêt à le livrer à Interpol, il retrouvait au Ritz son ami Dominique de Villepin. Ce dernier était, comme souvent, accompagné de Alexandre Djhouri, homme d’affaires intermédiaire sur de gros contrats internationaux."

A. Djouhri

Voici rassemblé un couple intéressant : Djouhri et Saleh. Les deux hommes peuvent se prévaloir de leurs bonnes relations avec Claude Guéant. Et ils se connaissent bien. Toujours selon Le Canard enchaîné, l'ambassadeur de France en Tunisie, Boris Boillon, aurait veillé à son exfiltration de Libye au moment des révolutions arabes, dans un jet privé appartenant à l'homme d'affaires Alexandre Djouhri (cité par France TV).

Mais leur relation remonte à l'époque de Chirac. D'après Pierre Péan (La République des mallettes, p. 388), en 2004, Djouhri avait été imposé comme intermédiaire dans la vente de 12 Airbus et de missiles Milan par EADS à destination de la Libye, avec à la clé une coquette commission de 12,8 millions €, à partager avec l'ami Bachir. Péan cite Hervé Morin (p. 390) qui lui aurait confié que "Djouhri a géré la Libye avec Guéant". Pierre Péan ne manque pas de rappeler le rôle central de Djouhri dans le règlement* de l'affaire des "infirmières Bulgares" détenues en Libye puis comme médiateur dans le divorce Cécilia-Nicolas Sarkozy, avec pour objectif de s'assurer du silence de l'ex-première dame contre une pension conséquente.

Pour le site Maghreb Confidentiel, Djouhri et Saleh sont "inséparables". Et visiblement, les affaires continuent. Ils se seraient envolés pour le Mali la semaine dernière.
Leur présence est étroitement liée à la situation du Nord-Mali. Béchir a en effet ses entrées chez tous les acteurs de la crise, tant à Bamako (le Libyan African Portfolio a beaucoup investi dans la capitale) qu'auprès des leaders des mouvements séparatistes touaregs MNLA et Ansar Eddine, qui se partagent le Nord-Mali avec Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI). Or, ceux-ci ont longtemps été des supplétifs de l'armée de Kadhafi.

Le changement n'a pas encore atteint le cercle discret des businessmen de l'ombre.
* En ce qui concerne les négociations difficiles concernant la libération des infirmières Bulgares, l'émirat du Qatar serait intervenu de manière officieuse. Péan l'indique page 395 de son livre : "De quel type d'intervention s'agit-il ? Difficile à dire tant le mystère est soigneusement préservé". Selon le rival en affaire de Djouhri, Ziad Takieddine, Tripoli aurait obtenu le paiement de 300 millions d'euros par le Qatar (France Inter, 8 mars 2012). Et ce dernier avertissait déjà le 25 avril dans Jeune Afrique que "il y aura encore une autre affaire. Elle va s'appeler « l'affaire du Qatar ». A coté, l'affaire Bettencourt, vous verrez..."
L'ambassadeur du Qatar, M. Al Kuwari, semblerait un personnage central de cette "affaire".
 Il faut reconnaitre que le Qatar, 3e producteur mondial de gaz, a les moyens qu'il faut pour peser dans les affaires du monde :  "En matière diplomatique, le Qatar affiche une stratégie quasi gaullienne, entretenant un jeu complexe de pouvoir et d'influence avec la plupart des pays du grand Moyen-Orient", explique Jean-Sylvestre Mongrenier, de l'Institut français de géopolitique (L'expansion).
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Bonus : le cas Djouhri expliqué par Pierre Péan

jeudi 21 juin 2012

Fralib, symbole de la mondialisation malheureuse



Fralib, petit résumé :

Dans le sud de la France, les infusions de l’Eléphant existent depuis plus de cent ans. A l’origine, la société fondée en 1882 par Lazare Digonnet, faisait de l’importation de thé et avait son siège à Marseille. En 1927, celle-ci prend le nom de « Société des thés de l’Eléphant » avant d’être reprise en 1972 par le géant de l’alimentaire Unilever, qui crée la société Fralib (Française d’alimentation et de boissons) et qui opère une fusion avec sa filiale Lipton. En 1989, les usines de Marseille et Pont de Joux sont regroupées à Gémenos.

Le groupe Unilever, qui a subi une baisse de rentabilité, a décidé en 2010 de fermer certains centres de production de sa filière thé et infusions, dont celui de Gémenos. Une décision refusée par les 182 salariés de Fralib qui argumentent que puisque la plus grande partie des consommateurs de la marque Eléphant est en France, il n’y a pas de raison de délocaliser la production à l’étranger. En effet, selon eux, environ 65 % de la production de Fralib est destinée au marché français, 13 % au marché des pays du nord de l’Europe et 22 % au reste de l’Europe de l’Ouest.

Un conflit symbolique

Leur point de vue est contesté par le groupe Unilever. Mais pour les salariés de l’usine, en lutte depuis plus de 600 jours, ce n'est pas une faillite qui provoquerait la fin de l'usine et justifierait leur mise au chômage, mais bien une rentabilité insuffisante pour les appétits sans limite des actionnaires d'Unilever, un groupe qui fait pourtant des milliards d'euros de bénéfices.

Emblématique de ce que certains décrivent comme « le cynisme des marchés financiers », qui exige des taux de rentabilité toujours croissants pour accroître les dividendes des actionnaires aux dépends des intérêts des salariés, l’usine de Gémenos a été visitée par de nombreuses personnalités de gauche, de Hollande à Mélenchon en passant par Montebourg, qui voient là un symbole des perversions de la mondialisation dérégulée qu’ils combattent.

Le conflit qui a infusé longtemps sous le précédent gouvernement, semble être en voie de résolution après la visite du ministre du redressement productif, le 25 mai, avec une possibilité de reprise de l’activité sur le site, sous forme d’une reconversion en Scop, une solution privilégiée par les salariés. Fin mai, Eugène Caselli, président PS de Marseille Provence Métropole, a annoncé que la communauté urbaine se porterait acquéreur du foncier.

Pour les Fralib, il semblerait que le changement, c’est maintenant.




Le Point de vue d'Arnaud Montebourg sur le dossier Fralib
(interview du 28 mai 2012 parue dans TPBM n° 925)

• Concernant le projet des Fralib, que vous avez rencontrés à Gémenos le 25 mai dernier, pensez-vous qu'ils pourront reprendre leur entreprise sous forme de coopérative ?

A. M. : Nous avons un projet de coopérative qui est sur la table, et j'ai demandé au médiateur et au groupe de travail qui va l'entourer, ainsi qu’aux différents ministères, dont celui de l'économie sociale et solidaire de Benoît Hamon, de nous apporter leur expertise pour crédibiliser ce projet La société Unilever (propriétaire actuel de l'entreprise, NDLR) a accepté de revenir en arrière sur les mesures d'expulsion et de revenir à la table des négociations, c'est un point positif.

La bonne volonté est maintenant de part et d'autre puisque Unilever a accepté aussi que les machines ne quittent pas l'usine. Néanmoins, beaucoup reste à faire. Si un projet viable de Scop peut fonctionner, je le défendrai.

• Et quels sont concrètement les moyens dont on dispose actuellement pour soutenir leur projet ?

A.M. : Les subventions qu'Unilever se propose de verser aux salariés au titre du plan de revitalisation, qui sont substantielles, pourront servir à la naissance d'une Scop, si nous faisons ce choix.

• Reste également la question de la propriété de la marque Eléphant. Les salariés peuvent-ils la préempter ?

A. M. : Cette marque appartient aujourd’hui à Unilever, qui a clairement signifié en
l'état de la discussion, son refus de laisser son exploitation aux salariés de l'usine de Gémenos.

• Les salariés, si le projet de Scop se concrétise, devraient donc abandonner l'activité de production de thé et d'infusion ?

A. M. : Je crois qu'il est trop tôt pour le dire, nous devons examiner en profondeur l'ensemble des éléments qui sont sur la table. Le médiateur (Michel Bentounsi) le fera dans une atmosphère de dialogue retrouvé, et c'est déjà un grand acquis. Nous avons besoin de crédibiliser les deux projets possibles, celui d'un groupe agroalimentaire local qui pose un certain nombre de problèmes pointés du doigt par le syndicat CGT, et le projet de Scop qui soulève aussi d'autres difficultés.

Ces deux projets doivent être crédibilisés de façon équivalente pour permettre ensuite aux salariés de faire leur choix. Pour moi, dès lors que la CGT participe à une œuvre de responsabilité économique, il faut l'encourager, de même pour un projet de Scop, quand les salariés décident de prendre leur destin en main.




2 questions à Michel Vauzelle, président de la région Paca
(interview du 31 mai 2012 parue dans TPBM n° 925)

• Pouvez-vous nous décrire plus précisément quelles sont les actions de la Région en faveur des structures coopératives ?

Michel Vauzelle : Notre région est très sensible économiquement et politiquement, et bien qu'elle soit plutôt de droite, le suffrage universel a fait, paradoxalement, que son président est de gauche. Nous avons donc essayé, avec nos partenaires socialistes, du Front de Gauche et les écologistes, de mener au niveau régional une politique qui illustre ce que sont nos idéaux et ce que peut être l'économie sociale et solidaire.

Nous avons donc poursuivi une politique particulière en faveur des Scop, un secteur qui représente 2800 salariés dans notre région. Ce volet économique de notre politique sociale a toute notre faveur. Nous travaillons en relation avec l'union générale des Scop pour mener des missions d'accompagnement à la création et au développement de ces structures coopératives.
Nous avons signé avec elle une convention triennale qui pour l'année 2011 porte sur 180 000 euros et qui correspond à notre volonté, en collaboration avec le nouveau gouvernement, d'aller encore plus pour promouvoir les Scop et Scic.

• De quels moyens disposez-vous exactement pour mener à bien une telle politique ?

M. V. : Bien entendu, il ne s'agit pas de promettre n'importe quoi. Mais le changement voulu par le nouveau président de la République va prendre en compte la lutte contre la désindustrialisation de notre territoire, ce qu'a illustré la venue immédiate, dès sa nomination, d'Arnaud Montebourg, le ministre du redressement productif, chez Fralib et à la raffinerie de LyondellBasel.

Tout dépend de l'élection législative qui devra nous donner les moyens de faire les lois adéquates pour soutenir le développement de notre pays et en particulier notre région du sud, mais les Scop sont un des moyens efficaces de lutter contre les délocalisations et le chômage. Ces initiatives, qui partent souvent de la base ouvrière, sont en effet très importantes pour cette nouvelle dynamique industrielle voulue par les ministres du redressement productif, Arnaud Montebourg et de l'économie sociale et solidaire, Benoît Hamon.

L'Union régionale des Scop à la rescousse
 (un article de Gérard Lanux de la Marseillaise, 14 juin 2012)


Des représentants de l’Union régionale des Scop initient les salariés de Fralib au fonctionnement des coopératives.
 
Accompagner les salariés dans leur apprentissage de création de coopérative, tel est l’objectif poursuivi par les deux délégués de l’Union régionale des Scop, qui ont passé hier toute la journée aux côtés des salariés de Fralib. Deux séances de travail en direction de deux groupes d’une quarantaine de salariés ont été animées par Peggy Capdevielle, en charge du développement et de la communication, Cyrille Rodriguez, pour la formation et l’animation de réseau, accompagnés d’Alain Maïssa, gérant d’une coopérative de logiciels informatiques à Aubagne.

« Une formation qui rentre dans le cadre de la table ronde exigée et obtenue par les salariés, déclare Peggy Capdevielle. Il incombe à l’Union régionale des Scop de comprendre le projet alternatif dont ils sont porteurs et il nous appartient de leur expliquer en quoi consiste une coopérative et comment cela fonctionne. » Et plus généralement quelles sont les différences en matière de gestion entre une société « traditionnelle » et une coopérative. (…)

Les relations tendues d'Unilever et de la CGT
(France Info, 16 juin 2012)

Le site Fralib de Gémenos doit fermer car il n'est plus "rentable" assure Bruno Witvoet, président d'Unilever France, à France Info. "L'enjeu est pourtant de créer des emplois pérennes localement", affirme le président d'Unilever France. S'il y a un projet industriel viable,  "nous sommes prets à donner les machines" ajoute-t-il, tout en rejetant le projet des salariés de l'usine qui envisagent une coopérative, pour relancer la production de thés et de tisanes.
Une fois de plus Unilever France refuse de leur céder la marque Eléphant et de racheter une patrie de leur production, comme le demandent ces salariés. "Le site n'est plus rentable, il y a des surcapacités de production en Europe".

Une déclaration qui n'est pas du goût des représentants syndicaux des Fralib, qui réagissaient le 18 juin dans un communiqué :
Nous trouvons surprenant qu’un homme ayant des responsabilités aussi importantes dans un groupe international de la dimension d’Unilever puisse accumuler en si peu de temps autant de contre-vérités, d’omissions et de mensonges.

Exemple :
  • Il se félicite de la tenue d’une table ronde, alors que pendant 600 jours nous l’avons réclamé et il s’y est farouchement opposé avec ses amis du gouvernement UMP, y compris quand le candidat François HOLLANDE lui a écrit pour l’exiger.
  • Il se gargarise de la décision de justice rendu le 20 avril et il prétend ne pas faire de politique, alors qu’il a demandé à Xavier BERTRAND Ex Ministre du Travail d’intervenir dans la 3e procédure ce qui leur a permis d’obtenir cette décision de justice, et il fait abstraction de notre recours en appel.
  • Il prétend n’avoir jamais fait appel d’aucune décision de justice, ce qui est totalement faux.
  • Il prétend que le groupe est attaché à la marque Eléphant alors qu’ils veulent la tuer en la passant sous la marque Lipton, et ils ont déjà commencé.
  • Il continue à se réfugier derrière une prétendue surcapacité de production en sachet double chambres, alors que depuis l’annonce du projet de fermeture de FRALIB le  28 septembre 2010, ils ont implantés 30 nouvelles machines de conditionnement de ce type de sachet à KATOWICE en POLOGNE.
  • Il prétend que c’est le consommateur qui fait le marché, alors que c’est UNILEVER qui a imposé le sachet pyramide au détriment du sachet double chambres.
  • Il annonce des difficultés sur le marché Français que fournit FRALIB, alors que celui-ci est le premier marché en Thés et Infusions parfumés en Europe de l’Ouest. C’est en France que la valorisation des produits est la plus importante et une grande partie des  profits réalisés échappent à l’Impôt. 

Il y a eu de nombreuse autres  contre-vérités, omissions et mensonges, c’est pourquoi nous demandons à France Info un droit de réponse et donc de pouvoir intervenir dans les mêmes conditions pour rétablir les réalités vécues par les salariés de FRALIB et les vérités et les raisons concernant notre projet de SCOP.
Et nous sommes bien entendue près à débattre de tous ces sujets devant tous les médias.

Contactés par téléphone à la sortie ce matin de leur 3e réunion avec le médiateur du ministre, M. Bentoussi, les représentants CGT ont expliqué que le projet de Scop est maintenant bien ficelé, et qu'il sera présenté à Montebourg dans les meilleurs délais.
Ils ont indiqué que France Info n'avait pas l'intention de leur donner un droit de réponse.

Michel-Edouard Leclerc sur son blog, prenait position lundi, sur ce dossier :  "Sur place, on parle d’un projet de SCOP dans laquelle les salariés apporteraient en capital une partie des indemnités payées par Unilever. Nous avons été sollicités pour scénariser l’accompagnement d’un tel projet. Il s’agissait d’y faire fabriquer des sachets de thé à nos marques de distributeur. Nos adhérents ne croient pas que le marché soit suffisant pour garantir l’emploi ne serait-ce que de cinquante personnes".

Pour les représentants syndicaux, Unilever fait pression sur les distributeurs comme Leclerc pour saborder leur projet de coopérative.

mercredi 20 juin 2012

3 questions à Arnaud Montebourg


Il y a un mois, j'ai rencontré Arnaud Montebourg, et il a bien voulu répondre à quelques-unes de mes questions. 
Extrait :

Le projet de "capitalisme coopératif" que vous avez porté pendant les Primaires de gauche est-il toujours au programme de votre ministère du redressement productif ?
Arnaud Montebourg : Il est toujours dans notre programme, certainement, car nous avons l'intention, avec ce ministère chargé de redresser l'économie française, de nous appuyer sur toutes les idées, toutes les ressources, sans par ailleurs choisir tel secteur plutôt que tel autre, mais d'agir sur toutes les filières et toutes les méthodes d'organisation économique pour réussir ce redressement. Il est donc évident que le secteur important du mutualisme et de la coopération sera pour nous un point d'appui, parce que c'est un domaine qui est très pourvoyeur d'emplois non délocalisables, et qui est de surcroît dans la performance économique. Je me réjouis à ce sujet de la création du ministère de l'économie sociale et solidaire, qui a été délégué à Benoît Hamon, qui nous donne la force politique pour soutenir ce secteur : c'est un signal fort que le Premier ministre et le président de la République ont envoyé de façon assez claire à la population… C’est une voie complémentaire qu’il faudra développer et soutenir.

La future banque publique d'investissement pourra-t-elle accompagner les salariés en difficulté qui souhaitent reprendre leur entreprise en coopérative ?

A. M. : La banque publique d'investissement, que Pierre Moscovici et moi-même allons concevoir et organiser, va s'appuyer sur l'épargne des Français pour la réorienter sur notre territoire, puisque aujourd'hui elle part alimenter la croissance des pays étrangers. C'est pourquoi, dans ce projet, il me paraîtrait intelligent que nous ayons un volet destiné au secteur coopératif, mais cela reste à concevoir et à débattre.

De quelle manière envisagez-vous de pouvoir réorienter cette épargne ?

A. M. : De la manière la plus simple qui soit, nous allons réformer en profondeur tout le système bancaire, conformément d'ailleurs aux engagements que nous avons pris dans la campagne présidentielle. L'épargne française, qui est un atout extraordinaire dans la mondialisation, doit être mieux valorisée. C'est le sens du "livret d'épargne industrie" que nous allons créer, et de la transformation du système bancaire, puisque nous allons séparer l'activité de collecte de l'épargne de celle qui joue sur les marchés avec cette épargne.

lundi 18 juin 2012

Une victoire au goût amer



Belle victoire socialiste, hier, à ces législatives, qui confirme que la France a donné tous les moyens au bloc de gauche pour concrétiser le changement.

Belle victoire, certes, mais à y regarder de près, elle a un goût amer.
Dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône, Michel Vauzelle a gardé son siège de député, mais de justesse (51,29 %), face à Valérie Laupies du Front National. Si son score arlésien est à la hauteur des attentes des républicains (près de 57 %), à Tarascon c'est le FN qui l'emporte (57,5 %), comme aux Saintes-Maries de la mer, où l'extrême droite culmine a 72 % !

Merci à Michel Vauzelle d'avoir sauvé l'honneur de notre territoire.



Quant aux touristes qui veulent visiter la Camargue, je veux leur dire d'éviter les Saintes-Maries de la mer : là-bas on n'aime pas les estrangers, n'allez pas dépenser vos euros chez les chemises brunes.
Arles vous ouvre ses portes, préférez les destinations qui sentent la rose, vos vacances n'en seront que meilleures.

mardi 5 juin 2012

Vauzelle veut abroger la loi "scélérate"



Michel Vauzelle, au cours d'un entretien suite au congrès de la délégation régionale des Scop, à Arles, n'a pas mâché ses mots contre la loi sur la réforme territoriale. Il a par contre soutenu avec vigueur le développement des structures coopératives, Scop et Scic* — Extrait :
"La région participe au soutien financier des Scop avec 8 500 000 euros investis au profit de 202 structures ces 15 dernières années. Mais nos moyens restent limités puisque les régions n'ont pas de fiscalité propre.

Nous devons donc construire une nouvelle décentralisation pour augmenter l'autonomie des territoires régionaux et leurs moyens, et il faut espérer, maintenant que nous avons un Sénat à gauche, que nous pourrons abroger la loi "scélérate" du gouvernement précédent sur la réforme territoriale, qui voudrait concentrer tous les moyens sur des grandes métropoles et laisser un "désert industriel" entre elles.

Il est primordial que nous puissions garder, au niveau régional, notre pouvoir d'aménagement du territoire, pour en permettre un développement harmonieux, que ce soit sur le plan économique, industriel ou culturel. Il ne faut pas oublier que l'immense majorité de notre potentiel économique, ce sont les PME qui font vivre notre pays et entretiennent sa vitalité, et à ce titre, les structures coopératives ont pleinement leur rôle à jouer."


*Les coopératives représentent en effet aujourd’hui un secteur prometteur qui dépasse le milliard de membres dans le monde. En Europe, l’Italie, l’Espagne et la France sont les premiers pays en nombre d’entreprises coopératives : 41 552 coopératives en Italie, 24 276 en Espagne et 21000 en France, qui est, avec 23 millions de membres, le pays européen qui compte le plus grand nombre de coopérateurs.
En France, les Scop, Sociétés coopératives et participatives, désignent les entreprises au statut de Société coopérative de production et au statut Scic (Société coopérative d’intérêt collectif), sous forme de SA ou SARL dont les salariés sont les associés majoritaires.

Preuve de l'intérêt de ces structures : l'ONU a fait de 2012 l'année mondiale des coopératives.

vendredi 1 juin 2012

Arlésiens, soutenez Michel Vauzelle !


Arlésiens, Arlésiennes, réveillez-vous !

Sauvons l'honneur de notre territoire, et sa prospérité.

Michel Vauzelle, notre député, se représente pour défendre nos intérêts, et confirmer la victoire de François Hollande. Il a besoin de vous les 10 et 17 juin, soyez au rendez-vous !

Demain matin, venez retrouver Michel Vauzelle au marché, boulevard des Lices. Ceux qui hésitent, ou veulent en savoir plus sur son programme peuvent parler avec lui, et ses militants.

Jeudi prochain, 7 juin, venez à la salle des fêtes (toujours boulevard des Lices) dès 18 h 30 pour affirmer votre intérêt pour notre avenir, au cours du grand meeting qui doit nous rassembler. La France a marqué un essai le 6 mai, que nous devons transformer le 17 juin… Sans quoi, nous n'aurions aucun changement possible.

Michel Vauzelle, qui est un intime du président de la République, est le mieux placé pour user de son influence, qui est grande dans le nouveau gouvernement, pour défendre nos intérêts et ceux de notre territoire, de nos entreprises et de nos commerces.

Au delà des clivages politiques, choisissez d'élire à nouveau notre concitoyen, le mieux placé pour agir dans notre sens. Michel Vauzelle connaît notre ville et ses besoins mais aussi les moyens de se faire entendre par le nouveau pouvoir parisien.

D'autres candidats défendent des valeurs qui ne correspondent en rien au visage de notre ville, où les cultures se mélangent et s'enrichissent dans leur diversité. Leur opposition au gouvernement serait un handicap pour notre territoire.

Arlésien, Arlésiennes, Accrochez à votre cœur un morceau de chiffon rouge !
Défendez Michel Vauzelle, pour mieux vous défendre vous-même dans le futur.